Les répercussions de la technologie sur la main-d’œuvre de l’industrie minière canadienne

Oct 13, 2026 | Publication

Un résumé des principales constatations

Principales constatations : survol

Survol

L’industrie minière canadienne entre dans une nouvelle ère de transformation technologique. Les technologies émergentes, notamment l’automatisation, l’intelligence artificielle, l’exploitation à distance, l’analyse avancée, la robotique et les systèmes de surveillance numériques, commencent à se généraliser dans les exploitations minières. Ces technologies pourraient considérablement remodeler les flux de travail et les exigences en matière de compétences dans l’ensemble du marché du travail de l’industrie minière canadienne.

Les répercussions de la technologie sur la main-d’œuvre de l’industrie minière canadienne examine comment les technologies émergentes pourraient remodeler le travail minier, ainsi que les forces qui accélèrent ou retardent leur adoption et leurs enjeux pour la main-d’œuvre.

Principales constatations du rapport

  • L’analyse recense 70 technologies émergentes susceptibles d’avoir des répercussions sur la main-d’œuvre de l’industrie minière canadienne.
  • Les technologies ont été évaluées pour leur capacité à perturber les tâches dans 21 professions minières essentielles.
  • Les tâches peuvent être perturbées par quatre moyens : l’automatisation, l’augmentation, la reconfiguration et la création de tâches.

Les travailleuses et travailleurs continuent d’assumer au moins la moitié des tâches dans chaque profession

Même en cas de déploiement complet, l’automatisation n’atteint pas plus de la moitié de l’ensemble des tâches d’une profession donnée.

L’exposition à l’automatisation est élevée pour certaines des professions les plus répandues de l’industrie minière

Certaines des professions les plus répandues de l’industrie minière sont les plus exposées à l’automatisation, notamment les mineurs/mineuses de fond et travailleurs/travailleuses de soutien, les opérateurs/opératrices d’équipement lourd et les opérateurs/opératrices de machines et de poste de contrôle central.

Les professions de supervision et de première ligne sont les plus exposées à une éventuelle reconfiguration

L’exposition à la reconfiguration (c.-à-d., au changement de lieu ou d’organisation du travail) est la plus élevée chez les superviseurs/superviseures, les foreurs/foreuses et dynamiteurs/dynamiteuses et les mineurs/mineuses de fond et travailleurs/travailleuses de soutien.

L’adoption peut réduire considérablement l’exposition technologique effective

Dans toutes les professions, les travailleuses et travailleurs continuent d’assumer au moins 63 % de toutes leurs tâches selon un scénario d’adoption élevée et 82 % de leurs tâches si l’adoption est faible.

L’adoption transforme l’équilibre entre automatisation et augmentation

L’adoption réduit à la fois l’exposition à l’automatisation et à l’augmentation, mais pas de la même façon pour toutes les professions.

La reconfiguration dépend fortement du taux d’adoption

À mesure que l’adoption ralentit, les professions évoluent vers des niveaux d’exposition beaucoup plus faibles. Celles qui présentent l’exposition la plus élevée enregistrent généralement les réductions les plus importantes.

Section 01 : La mine de l’avenir

Quelles technologies devraient être les plus transformatrices pour l’industrie minière en 2026 et au-delà?

Le Conseil RHiM a recensé 70 technologies émergentes réparties dans cinq catégories actuellement mises en œuvre dans l’industrie minière canadienne, allant des systèmes de transport et de forage autonomes aux centres d’exploitation à distance, en passant par la maintenance prédictive et l’aide à la décision basée sur l’IA générative. Ces technologies ont été sélectionnées en raison de leur potentiel de transformation des activités minières à court terme, à la suite d’une analyse documentaire et d’une validation auprès des intervenants de l’industrie.

Découvrez les 70 technologies émergentes

70 technologies émergentes regroupées en cinq catégories, leurs grappes d’utilité minière et les technologies individuelles accompagnées de définitions.

!Recherchez, ou cliquez sur une catégorie pour parcourir ses grappes et technologies.

Que signifient les technologies émergentes pour l’avenir du travail minier?

Dans leur ensemble, les technologies émergentes ont le potentiel de remodeler la façon dont le travail est effectué, dont les décisions sont prises et dont les travailleuses et travailleurs interagissent avec l’équipement, les données et leurs collègues. Bien que chaque technologie ait des répercussions différentes sur les activités minières, leur incidence combinée fait ressortir plusieurs grandes tendances.

La mine de l’avenir : grandes tendances

Tiré de l’analyse documentaire et des entrevues avec des informateurs clés du Conseil RHiM.

!Cliquez sur une carte pour en savoir plus.

La transition vers l’automatisation et les opérations à distance

L’une des transformations les plus visibles dans le secteur minier est l’expansion continue des activités à distance et autonomes. Les technologies comme les camions de transport autonomes, les systèmes de forage robotisés, les drones et l’équipement télécommandé réduisent la nécessité pour certains travailleurs et travailleuses de se rendre physiquement sur les sites miniers actifs.

Les centres de contrôle intégrés et les environnements de contrôle similaires permettent de plus en plus aux opérateurs et opératrices ainsi qu’aux superviseurs et superviseures de surveiller et de gérer les activités minières à partir d’emplacements centralisés, parfois à des centaines de kilomètres du site. Ce changement a d’importantes répercussions non seulement sur la demande professionnelle, mais aussi sur la répartition géographique du travail dans l’industrie minière et les types de compétences dont les travailleurs et travailleuses auront besoin.

Les êtres humains demeurent indispensables aux opérations de première ligne

Bien que les technologies automatisées et télécommandées puissent écarter les opérateurs d’équipement de leurs rôles traditionnels de première ligne, elles n’éliminent pas pour autant le besoin global de main-d’œuvre. Les systèmes technologiques dépendent d’un personnel spécialisé sur place. Les travailleurs et travailleuses sont toujours nécessaires pour répondre aux urgences, dégager les obstructions, faire le plein, inspecter l’équipement, entretenir l’infrastructure du réseau et prendre le contrôle physique en cas de défaillance.

Il en résulte moins une réduction de l’effectif qu’un changement dans la composition de la main-d’œuvre de l’industrie minière. Les postes opérationnels sont progressivement convertis en postes techniques, de maintenance, de répartition et de soutien, souvent à des niveaux d’emploi comparables ou supérieurs. Cela a des répercussions sur le nombre de travailleurs et travailleuses dont le secteur a besoin, mais aussi sur les exigences en matière de compétences et les parcours de formation offerts.

La relation entre la technologie et la main-d’œuvre ne se résume pas à un simple remplacement. Certaines tâches sont transférées à des machines ou à des systèmes automatisés, et de nouvelles tâches, fonctions et compétences émergent pour les exploiter, les soutenir et les entretenir.

Renforcer l’interconnectivité entre les différentes opérations minières

Les activités minières sont de plus en plus interconnectées. Le recours traditionnel à la répartition radio et aux mises à jour de statut confirmées manuellement cède la place à la communication en temps réel, rendue possible par des infrastructures telles que les réseaux LTE et 5G privés, les systèmes à fibre optique et la connexion satellite.

Les mines modernes reposent sur des réseaux de capteurs, de systèmes de communication, d’équipement connecté et de plateformes numériques qui échangent continuellement de l’information. Ensemble, ces technologies forment le « système nerveux central » d’une mine, qui permet de cerner et de traiter en temps réel les perturbations, les besoins de maintenance et les risques opérationnels. Par conséquent, les personnes responsables de l’installation, de l’entretien et de la réparation de ces systèmes deviennent essentielles aux activités minières.

Plutôt que de constituer une tendance technologique distincte, la connectivité est au cœur de nombreuses autres technologies examinées dans ce rapport.

L’essor de la prise de décisions fondées sur les données

L’expansion des réseaux de connectivité et de capteurs fournit aux sociétés minières un volume sans précédent de données opérationnelles. Les activités minières modernes s’appuient de plus en plus sur la surveillance en temps réel et sur l’intelligence artificielle pour optimiser la production, gérer la maintenance de l’équipement et améliorer les résultats en matière de santé et de sécurité. Les décisions autrefois fondées principalement sur le jugement d’une seule personne sont maintenant éclairées, et parfois prises, par des systèmes qui peuvent détecter les tendances et recommander des mesures.

Par conséquent, la culture numérique et la capacité de travailler avec des données sont devenues des compétences essentielles pour les travailleurs et travailleuses à tous les niveaux de l’exploitation minière.

Le passage de l’exploitation à la surveillance

Ensemble, ces technologies changent la nature du travail minier. La technologie peut réduire la nécessité pour les travailleurs et travailleuses d’effectuer certaines activités directement, tout en augmentant l’importance et la complexité d’autres tâches qui nécessitent une intervention humaine.

Plutôt que d’effectuer directement des tâches physiques, les travailleurs et travailleuses passent à la supervision de machines autonomes et de réseaux numériques, n’intervenant que lorsque les conditions changent ou que l’équipement ne fonctionne pas comme prévu.

Des exigences de formation plus intensives

L’industrie minière est depuis longtemps une industrie axée sur la formation, où les travailleurs et travailleuses reçoivent une formation continue sur de l’équipement spécialisé, des procédures d’exploitation complexes et des protocoles de sécurité stricts.

L’incidence des nouvelles technologies va souvent bien au-delà de leurs utilisateurs principaux, ce qui modifie les flux de travail et les responsabilités à l’échelle du site. Par conséquent, l’adoption d’une technologie peut entraîner de nouvelles exigences en matière de formation pour de nombreuses professions, y compris pour les travailleurs et travailleuses qui n’interagissent pas directement avec la technologie elle-même.

Chaque technologie indiquée à la section 3 a le potentiel de générer des besoins de formation supplémentaires, ce qui représente un défi de taille pour les sociétés minières.

Les technologies minières sont interdépendantes

La mine de l’avenir n’est pas définie par une seule technologie, mais par la convergence de plusieurs technologies à l’échelle du site. Les camions de transport autonomes, par exemple, dépendent de systèmes de positionnement de haute précision, de réseaux de communication fiables, de logiciels de gestion de flotte et d’un centre de contrôle intégré pour les superviser. Bien que chaque technologie puisse apporter de la valeur ajoutée en soi, c’est leur association qui leur permet d’avoir le plus grand impact.

Cette interdépendance façonne également la rapidité avec laquelle les technologies émergentes peuvent être adoptées, car leur déploiement à grande échelle nécessite souvent plusieurs déploiements. Pour anticiper les besoins futurs de l’industrie minière canadienne, il est essentiel de comprendre comment les technologies émergentes interagissent et comment leur adoption influe sur les professions et les compétences requises.

L’essor du travail décentralisé et à distance

L’émergence de centres de contrôle intégrés permet la décentralisation des activités minières, les travaux étant de plus en plus souvent menés à partir de plusieurs sites à la fois. Même si certains travailleurs et travailleuses seront toujours nécessaires près des sites miniers, plusieurs pourront surveiller les équipements et soutenir les opérations à distance. Par conséquent, une grande partie des professions minières pourraient être occupées dans les centres régionaux et les régions urbaines, ce qui contribuerait à surmonter les défis géographiques de l’industrie minière et à élargir l’accès à un bassin de main-d’œuvre plus vaste.

Ce changement offrira également d’autres avantages, comme l’amélioration considérable de la sécurité grâce au retrait des travailleurs et travailleuses des environnements potentiellement dangereux, ce qui pourrait également attirer de nouveaux talents.

Les professions évoluent plutôt que de disparaître

La technologie a le potentiel de transformer les professions plutôt que de les faire disparaître. Dans bien des cas, l’incidence de la technologie se reflétera dans l’évolution des responsabilités professionnelles et des compétences requises et non dans la disparition de professions entières.

À mesure que l’automatisation et les activités à distance se répandent, les rôles d’exploitation traditionnels devraient évoluer vers des fonctions de supervision et de soutien. Pour les futurs travailleurs et travailleuses de l’industrie minière, le jugement humain demeurera essentiel même si les systèmes automatisés assument une part croissante des tâches courantes. Le travail pourrait de plus en plus consister à superviser des équipements autonomes et à intervenir en cas d’imprévu.

Parallèlement, les technologies émergentes brouilleront les frontières professionnelles, ce qui augmentera la demande de compétences multidisciplinaires dans les domaines de la mécanique, de l’électricité, du numérique et des systèmes d’information. La culture numérique devrait devenir une compétence essentielle pour la main-d’œuvre de l’industrie minière.

Section 02 : Portée de la perturbation technologique

Si ces technologies étaient pleinement mises en œuvre, dans quelle mesure les professions de l’industrie minière pourraient-elles y être exposées?

La méthodologie de l’analyse divise chaque profession essentielle de l’industrie minière en un ensemble de tâches. Chaque tâche est évaluée en fonction des 70 technologies émergentes afin de déterminer le potentiel de perturbation. L’analyse élabore une mesure de l’exposition possible, qui définit la mesure maximale dans laquelle les technologies émergentes pourraient automatiser, renforcer ou reconfigurer les tâches minières si elles sont pleinement déployées à l’échelle de l’industrie. L’exposition possible représente ce qui est techniquement possible avant de prendre en compte les obstacles à la mise en œuvre, les coûts et d’autres contraintes pratiques.

Quatre moyens par lesquels la technologie transforme le travail

La technologie peut affecter une tâche de plusieurs moyens à la fois; les séparer permet de montrer comment.

Mesuré

Automatisation

La technologie assure la fonction essentielle de la tâche. Le rôle du travailleur ou de la travailleuse devient minime, se limitant à une fonction de supervision ou devenant inutile.

En pratique

Un système de roulage autonome assure le transport de bout en bout, ce qui permet à l’opérateur ou l’opératrice de passer de la conduite à la surveillance.

★ L’effectif peut changer
Mesuré

Augmentation

Le travailleur ou la travailleuse effectue toujours la tâche, mais la technologie rend son travail plus rapide, plus précis ou plus sécuritaire.

En pratique

Les systèmes de gestion de flotte et de répartition ne conduisent pas le camion, mais permettent au conducteur ou à la conductrice d’avoir une meilleure productivité grâce à des itinéraires optimisés et à une meilleure répartition des chargements.

★ L’effectif peut changer
Mesuré

Reconfiguration

La tâche est toujours nécessaire et est toujours exécutée par un travailleur ou une travailleuse, mais le lieu, la manière ou la personne qui l’effectue changent.

En pratique

L’opérateur ou l’opératrice commande le camion à partir d’un centre de contrôle intégré plutôt que de la cabine. Le camion effectue le même trajet depuis un poste de travail différent.

L’effectif est stable
Non mesuré ici

Création de tâches

La technologie engendre de nouvelles tâches qui n’existaient pas avant son déploiement, en réponse aux nouvelles capacités et exigences qu’elle introduit.

En pratique

Les camions autonomes et connectés créent de nouvelles possibilités en matière de surveillance à distance, de gestion de la flotte et de la prise en charge des incidents.

★ L’effectif peut changer

★ = moyens susceptibles d’avoir une incidence sur l’effectif

Source : Conseil des ressources humaines de l’industrie minière, Les répercussions de la technologie sur la main-d’œuvre de l’industrie minière canadienne (2026).

Les travailleuses et travailleurs continuent d’assumer au moins la moitié des tâches dans chaque profession

Le tableau illustre la part des tâches dans chaque profession de l’industrie minière qui pourraient être automatisées, renforcées par la technologie ou demeurer inchangées.

Même en cas de déploiement complet, l’automatisation n’atteint pas plus de la moitié de l’ensemble des tâches d’une profession donnée. L’exposition à l’automatisation a tendance à être la plus élevée dans les fonctions liées à l’équipement et à la manutention du matériel, et la plus faible dans les professions axées sur la planification, la coordination et la supervision. Pour plusieurs professions des domaines de la gestion, du génie et des métiers manuels, la technologie est beaucoup plus susceptible de valoriser les travailleurs et travailleuses que de les remplacer.

Exposition possible :
Part des tâches assumées par la machine et l’humain par profession

Plafond technique pour un déploiement complet de la technologie dans l’ensemble des 70 technologies combinées. Les professions sont classées par taux d’automatisation.

!Recherchez ou sélectionnez les professions et catégories pour les mettre en évidence.

Automatisation (part des machines)
Augmentation (humain, amélioré)
Aucun changement (humain, non affecté)

Source : Conseil des ressources humaines de l’industrie minière, Les répercussions de la technologie sur la main-d’œuvre de l’industrie minière canadienne (2026); Statistique Canada, Recensement (2021); US Department of Labor, Employment and Training Administration (USDOL/ETA), Base de données Occupational Information Network (O*NET) (2026).

Certaines des professions les plus répandues dans l’industrie minière sont fortement exposées à l’automatisation

Le tableau compare le potentiel d’automatisation et d’augmentation dans les professions de l’industrie minière. Les professions des secteurs de production présentent généralement un potentiel d’automatisation plus élevé, tandis que les fonctions professionnelles et de supervision sont plus susceptibles d’être augmentées par la technologie.

Plusieurs des professions les plus importantes de l’industrie minière sont les plus exposées à l’automatisation. Les fonctions des mineurs/mineuses de fond et travailleurs/travailleuses de soutien (~13 000); opérateurs/opératrices d’équipement lourd (~11 100); et opérateurs/opératrices de poste central de contrôle et de machines (~6 600) se situent toutes du côté du tableau où l’automatisation prédomine.

Exposition possible :
Automatisation et augmentation des tâches par profession

Chaque bulle représente une profession, dont la taille correspond à la main-d’œuvre. Les quadrants de droite indiquent une plus grande exposition à l’automatisation. Les quadrants supérieurs indiquent une plus grande exposition à l’augmentation.

!Survolez une bulle pour obtenir plus de détails, ou recherchez et sélectionnez les professions et catégories pour les mettre en évidence.

Source : Conseil des ressources humaines de l’industrie minière, Les répercussions de la technologie sur la main-d’œuvre de l’industrie minière canadienne (2026); Statistique Canada, Recensement (2021); US Department of Labor, Employment and Training Administration (USDOL/ETA), Base de données Occupational Information Network (O*NET) (2026).

Les professions de supervision et de première ligne sont les plus exposées à une éventuelle reconfiguration

L’automatisation confie l’exécution des tâches aux machines, l’augmentation aide les travailleurs et travailleuses à effectuer les tâches, tandis que la reconfiguration change le lieu ou l’organisation du travail. Les opérations télécommandées, par exemple, peuvent déplacer les opérateurs et opératrices d’équipement du site minier vers un centre de contrôle à distance sans supprimer d’emplois.

Le graphique montre la part des tâches dans chaque profession qui pourraient être reconfigurées par les technologies émergentes. L’exposition à la reconfiguration est la plus élevée chez les surveillants/surveillantes de l’exploitation des mines et des carrières (61 %), les foreurs/foreuses et dynamiteurs/dynamiteuses (54 %) et les mineurs/mineuses de fond et travailleurs/travailleuses de soutien (49 %). À l’opposé, les électriciens industriels/électriciennes industrielles (22 %) et les manœuvres des mines (23 %) sont les moins exposés.

Exposition possible :
Part de reconfiguration des tâches par profession

Chaque bulle représente une profession, dont la taille correspond à la main-d’œuvre et la couleur à la catégorie professionnelle.

!Survolez une bulle pour obtenir plus de détails, ou recherchez et sélectionnez les professions et catégories pour les mettre en évidence.

Source : Conseil des ressources humaines de l’industrie minière, Les répercussions de la technologie sur la main-d’œuvre de l’industrie minière canadienne (2026); Statistique Canada, Recensement (2021); US Department of Labor, Employment and Training Administration (USDOL/ETA), Base de données Occupational Information Network (O*NET) (2026).

Section 03 : Rythme d’adoption technologique

Dans quelle mesure l’adoption de la technologie est-elle répandue dans l’ensemble du secteur et quels facteurs agissent comme principaux obstacles ou accélérateurs?

Ce n’est pas parce qu’une technologie transformatrice existe qu’elle sera forcément adoptée. C’est finalement l’exploitation minière qui décide si elle adopte ou non une technologie en soupesant les avantages escomptés par rapport aux coûts, aux défis pratiques et aux obligations associés au déploiement. Sans tenir compte de ces facteurs, l’ampleur potentielle des perturbations surestimerait considérablement les changements que la main-d’œuvre est susceptible de subir.

Cadre de notation des facteurs d’adoption

Chaque facteur est noté sur une échelle normalisée de 0–3. Un score élevé indique une forte tendance à l’adoption pour un accélérateur et un obstacle important à l’adoption pour un décélérateur. Les facteurs liés aux principes fondamentaux sont évalués selon une grille qui définit chaque indicateur et établit des critères d’attribution de notes de 0 à 3, en veillant à ce que les notes soient comparables pour toutes les technologies et vérifiables en fonction de critères uniformes. Les facteurs empiriques sont évalués à partir des données sur le marché du travail sélectionnées pour représenter chaque concept sous-jacent, puis normalisés sur une échelle de 0–3 pour permettre une comparaison entre tous les facteurs.

Empirique

Maturité technique

Mesure l’état de préparation d’une technologie au déploiement. Les technologies obtiennent les notes les plus élevées lorsqu’elles sont actuellement disponibles sur le marché, éprouvées sur le terrain et déployables.

Principes fondamentaux

Potentiel d’amélioration de la sécurité

Mesure de la capacité d’une technologie à réduire le risque de blessures ou de décès chez les travailleurs et travailleuses. Les technologies qui peuvent éloigner physiquement les travailleurs et travailleuses des situations dangereuses obtiennent les notes les plus élevées.

Principes fondamentaux

Productivité

Mesure la capacité d’une technologie à accroître la production à partir d’un ensemble donné de facteurs, comme la main-d’œuvre, le capital, l’énergie et les matériaux. Les technologies obtiennent les notes les plus élevées lorsqu’elles augmentent considérablement la productivité à une étape clé des activités minières.

Principes fondamentaux

Avantage environnemental

Mesure de la capacité d’une technologie à réduire l’empreinte environnementale d’une exploitation en tenant compte des émissions de gaz à effet de serre, de la consommation d’énergie et d’eau, des résidus et des déchets, de la perturbation des terres et de la poussière. Les technologies ayant obtenu les notes les plus élevées obtiennent de meilleurs résultats environnementaux qui répondent aux exigences réglementaires, soutiennent les objectifs en matière d’ESG et renforcent l’acceptabilité sociale de l’activité minière.

Principes fondamentaux

Atténuation de la pénurie de main-d’œuvre

Mesure du potentiel d’une technologie de réduire la dépendance à des professions pour lesquelles il est difficile de recruter et de maintenir en poste. Les technologies obtiennent les notes les plus élevées lorsqu’elles peuvent remplacer la main-d’œuvre ou réduire la demande dans les professions aux prises avec les pénuries de main-d’œuvre les plus importantes.

Principes fondamentaux

Intensité du capital

Mesure l’investissement initial requis pour déployer une technologie à grande échelle dans une exploitation minière. Les technologies obtiennent les notes les plus élevées lorsque leur adoption nécessite d’importants investissements en capital pour intégrer la technologie aux activités courantes.

Principes fondamentaux

Compatibilité de l’infrastructure

Mesure la difficulté d’intégrer une technologie à une exploitation minière existante. Les technologies obtiennent les notes les plus élevées lorsque leur adoption nécessite des changements coûteux à l’infrastructure, à l’équipement et aux processus opérationnels existants.

Principes fondamentaux

Fragilité du soutien et de la chaîne d’approvisionnement

Mesure les défis liés au maintien d’une technologie tout au long de sa durée de vie opérationnelle. Les technologies obtiennent les notes les plus élevées lorsque l’exploitation continue dépend du soutien spécialisé des fabricants d’équipement, de pièces de rechange rares, de longs délais d’approvisionnement ou de réseaux de service à distance.

Principes fondamentaux

Complexité réglementaire

Mesure le fardeau d’approbation et de conformité associé au déploiement d’une technologie. Les technologies obtiennent les notes les plus élevées lorsque leur adoption nécessite de nombreux permis, de multiples organismes de réglementation ou une incertitude quant aux exigences d’approbation.

Principes fondamentaux

Complexité de la transition de la main-d’œuvre

Mesure le degré d’adaptation de la main-d’œuvre requise pour introduire une technologie dans les activités minières. Les technologies obtiennent les notes les plus élevées lorsque l’adoption nécessite une formation substantielle et des changements importants aux compétences, aux rôles ou aux pratiques en milieu de travail existants.

Empirique

Exposition sociopolitique

Mesure les répercussions globales sur la main-d’œuvre et la communauté associées au déplacement potentiel de main-d’œuvre. Les technologies obtiennent les notes les plus élevées lorsque les travailleurs et travailleuses potentiellement touchés sont concentrés parmi les travailleurs et travailleuses autochtones, le personnel syndiqué ou les communautés dépendantes de l’industrie minière, où les déplacements peuvent avoir des répercussions plus vastes sur les communautés, les gouvernements et les syndicats.

Source : Conseil des ressources humaines de l’industrie minière, Les répercussions de la technologie sur la main-d’œuvre de l’industrie minière canadienne (2026).

La voie de l’adoption est plus facile pour certaines technologies que pour d’autres

Le tableau réunit cinq accélérateurs d’adoption et six décélérateurs pour brosser un tableau complet des facteurs qui influencent l’adoption de la technologie.

Chaque technologie est confrontée à sa propre combinaison d’incitatifs et d’obstacles, créant ainsi un ensemble distinct de conditions d’adoption. Certaines technologies peuvent bénéficier de mesures visant à renforcer la sécurité et la productivité, mais également se heurter à d’importants défis lors de leur mise en œuvre.

Par exemple, les systèmes autonomes et robotisés montrent à la fois un fort attrait pour l’adoption et des obstacles importants. En revanche, les données et l’analyse intelligente combinent généralement de solides incitatifs avec moins d’obstacles, ce qui crée un environnement plus favorable à l’adoption.

Tableau de bord des facteurs d’adoption par catégorie technologique et par grappe de services miniers

Le regroupement des cinq accélérateurs et des six décélérateurs montre où l’adoption est la plus poussée et où les obstacles sont les plus élevés. Chaque point est situé sur une échelle de 0–3; un point à moitié rempli indique une note égale ou supérieure à x,5. Les lignes de catégorie et de grappe représentent la moyenne pour toutes les technologies du groupe. Examinez-les de plus près pour voir chacune des 70 technologies.

!Recherchez, ou cliquez sur une catégorie puis sur une grappe pour explorer les technologies individuelles.

ACCÉLÉRATEURS — facteurs favorisant l’adoptionDÉCÉLÉRATEURS — obstacles à l’adoption
Maturité
technique
Potentiel
sécurité
Product-
ivité
Avantage
environ.
Pénurie de
main-d’œuvre
Intensité
du capital
Compat.
infrastruct.
Fragilité
du soutien
Complexité
réglement.
Transition
main-d’œuvre
Socio-
politique

= 2,5 sur 3  ·  points verts = accélérateur, points rouges = décélérateur

Source : Conseil des ressources humaines de l’industrie minière, Les répercussions de la technologie sur la main-d’œuvre de l’industrie minière canadienne (2026), Manuel de notation des facteurs d’adoption (sommaire par catégorie, par grappe et par technologie).

L’adoption peut réduire considérablement l’exposition technologique effective

Le tableau illustre l’exposition réalisée par profession, montrant comment le plafond d’exposition possible change une fois que l’adoption de la technologie est appliquée selon trois scénarios.

Les scénarios montrent à quel point l’exposition technologique est sensible au rythme d’adoption. Selon un scénario de faible adoption, au moins 82 % des tâches sont toujours assumées par les travailleurs et travailleuses dans toutes les professions, tandis qu’au maximum 18 % sont automatisées. Même dans un scénario de forte adoption, au moins 63 % des tâches continuent d’être assumées par les travailleurs et travailleuses.

Exposition réalisée :
Part des tâches assumées par la machine et l’humain par profession

Plafond technique au déploiement complet (exposition possible), pour l’ensemble des 70 technologies combinées. Les professions sont classées par taux d’automatisation.

!Recherchez ou sélectionnez les professions et les catégories pour les mettre en évidence, ou changez le scénario d’adoption ci-dessous.

Scénario d’adoption
Automatisation (part des machines)
Augmentation (humain, amélioré)
Aucun changement (humain, non affecté)

Source : Conseil des ressources humaines de l’industrie minière, Les répercussions de la technologie sur la main-d’œuvre de l’industrie minière canadienne (2026); Statistique Canada, Recensement (2021); US Department of Labor, Employment and Training Administration (USDOL/ETA), Base de données Occupational Information Network (O*NET) (2026).

L’adoption transforme l’équilibre entre automatisation et augmentation

Le tableau compare l’automatisation et l’augmentation de l’exposition pour certaines professions selon différents scénarios d’adoption de la technologie.

L’adoption réduit à la fois l’exposition à l’automatisation et à l’augmentation, mais pas de la même façon pour toutes les professions. Pour les directeurs/directrices de l’exploitation des ressources naturelles, la réduction se fait presque entièrement par augmentation. En revanche, les professions de production comme les manutentionnaires et les manœuvres dans le traitement des minerais et des métaux connaissent une baisse plus marquée de leur exposition à l’automatisation.

Exposition réalisée :
Automatisation et augmentation des tâches par profession

Chaque point représente une profession, positionnée selon l’exposition à l’automatisation et à l’augmentation en cas de déploiement complet. Les axes et les lignes de quadrants sont fixés à la vue Exposition possible.

!Survolez une bulle pour obtenir plus de détails, recherchez et sélectionnez les professions et catégories pour les mettre en évidence, ou changez le scénario d’adoption ci-dessous.

Scénario d’adoption

Source : Conseil des ressources humaines de l’industrie minière, Les répercussions de la technologie sur la main-d’œuvre de l’industrie minière canadienne (2026); Statistique Canada, Recensement (2021); US Department of Labor, Employment and Training Administration (USDOL/ETA), Base de données Occupational Information Network (O*NET) (2026).

La reconfiguration dépend fortement du taux d’adoption

Le graphique compare l’exposition à la reconfiguration pour certaines professions selon différents scénarios d’adoption de la technologie. À mesure que l’adoption ralentit, les professions évoluent vers des niveaux d’exposition réalisés beaucoup plus faibles, celles qui ont le plus d’exposition possible enregistrant généralement les réductions les plus importantes.

Par exemple, les surveillants/surveillantes de l’exploitation des mines et des carrières ont un taux d’exposition possible de 61 %, mais ce taux passe à 41 % dans le cas d’un taux d’adoption élevé et à moins de 20 % dans le cas d’un taux d’adoption faible. La possibilité de changer l’endroit, la façon ou la personne qui exécute le travail est beaucoup plus grande que ce qui peut être réalisé en pratique.

Exposition réalisée :
Part de reconfiguration des tâches par profession

Chaque point représente une occupation, positionnée selon la reconfiguration lors du déploiement complet. L’axe est fixé à la vue Exposition possible.

!Survolez une bulle pour obtenir plus de détails, recherchez et sélectionnez les professions et catégories pour les mettre en évidence, ou changez le scénario d’adoption ci-dessous.

Scénario d’adoption

Source : Conseil des ressources humaines de l’industrie minière, Les répercussions de la technologie sur la main-d’œuvre de l’industrie minière canadienne (2026); Statistique Canada, Recensement (2021); US Department of Labor, Employment and Training Administration (USDOL/ETA), Base de données Occupational Information Network (O*NET) (2026).

Points à retenir

Ce que les résultats signifient pour la main-d’œuvre de l’industrie minière

Deux conclusions s’appliquent à tous les chapitres de cette analyse : le plafond de la technologie pour les travaux miniers est réel, mais limité, et la mesure dans laquelle ce plafond est atteint dépend de forces extérieures à la technologie elle-même.

Points clés du rapport

Deux conclusions générales de cette analyse.

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1) L’avenir du travail dans l’industrie minière dépend toujours des gens

▸

Aucune profession prise en compte dans l’analyse ne voit plus de la moitié de ses tâches remplacées par l’automatisation. Même les manutentionnaires, la profession la plus exposée à l’automatisation, continuent d’assumer environ la moitié de leurs tâches.

Bon nombre des répercussions technologiques les plus importantes découlent de l’augmentation et de la reconfiguration, ce qui modifie la façon dont le travail est effectué plutôt que de l’éliminer. L’avenir du travail minier repose sur la transformation et non sur la substitution.

2) Le potentiel n’a d’incidence que par son adoption

▸

Le potentiel technique d’une technologie n’a d’importance que dans la mesure où elle est adoptée. Une fois que les incitatifs et les obstacles à l’adoption sont pris en compte, l’incidence de la technologie sur la main-d’œuvre est inférieure à son plafond technique.

L’exposition à la technologie est donc limitée à deux égards : d’une part, par ce que les technologies sont capables de faire, et d’autre part, par la mesure dans laquelle leur potentiel est exploité.

Dans l’ensemble, les résultats indiquent que des changements importants pourraient être apportés aux méthodes de travail dans l’industrie minière, mais ne laissent pas présager un remplacement généralisé des travailleurs et travailleuses.

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